- 2 mai 2025
Quoi travailler en 2e année : les essentiels à planifier lors du voyage
- Josianne Couture
- Éducation et apprentissages, Les essentiels à travailler
Quand on fait l’école en voyage avec un enfant de 2e année, il s’agit de continuer à bâtir sur les fondations posées l’année précédente, tout en profitant pleinement de ce que le monde a à offrir. Tu n’auras pas besoin d’un horaire serré ni d’un pupitre pour apprendre. Avec un peu de repères en tête et de la curiosité dans les yeux, ton enfant pourra avancer à son rythme, tout en consolidant ses apprentissages.
Pour t’aider à y voir plus clair et à faire une bonne planification, je te partage donc les notions essentielles à garder en tête en français et en mathématique, selon le programme de formation de l’école québécoise et mon expertise d'orthopédagogue.
En français
Lecture
Décoder les mots
Comme ton enfant a appris à décoder des mots en 1ère année, on continue à le pratiquer afin d’automatiser ce processus. Tu pourras travailler plus spécifiquement les sons plus complexes comme /oin/, /ain/, /ein/, /ien/, /ill/, /ail/, /ouil/, /euil/, /eil/» si ça représente un défi. On peut aussi s’attarder plus en profondeur aux règles contextuelles:
«g» et «c» doux suivis de «e», «i» ou «y» (ex.: girafe, glace) ,
«s» qui fait le son /z/ lorsqu’il est entre 2 voyelles (ex.: cousin),
«e» qui fait le son /è/ lorsqu’il est suivi d’une consonne dans la même syllabe
(ex.: belle / recherche).
Tranquillement pas vite, ton enfant va commencer à reconnaitre et à lire les mots plus facilement et rapidement.
Comprendre ce qu’on lit
Lorsque tu travailles la lecture avec ton enfant à l’aide de mots isolés, de phrases, de petits textes, d’albums et/ou de livres, assure-toi de toujours encourager la compréhension de ce qu’il lit. Tu peux le questionner, lui demander de redire dans ses mots ce qu’il a compris et même tout simplement discuter avec lui afin de valider sa compréhension. On peut même commencer à intégrer quelques stratégies qui l’aideront à bien comprendre (ex.: identifier pourquoi je lis, survoler le texte, faire les liens avec ce qu’il connait, prédire ce qui va se passer ou de quoi ça parle, laisser des traces en faisant un dessin ou en surlignant des mots clés, relire, etc.). Pour favoriser la compréhension, tu peux aussi encourager ton enfant à s’autocorriger lorsqu’il lit un mot incorrectement et à respecter les signes de ponctuation. Comme parent, on peut servir de modèle en démontrant à notre enfant les questions qu’on se pose et les stratégies qu’on utilise lors de notre lecture. C’est important de les nommer. Faire une lecture partagée avant le dodo ou assis sur un banc de parc dans un décor paradisiaque, c’est un moment idéal pour ça!
Écriture
Bien écrire les mots
En 2e année, on souhaite que l’enfant arrive à orthographier environ 500 mots. Pour connaitre les mots à travailler, tu peux te référer à la liste orthographique proposée par le ministère. 500 mots, ça parait beaucoup. Par contre, assure-toi de mettre l’accent sur les mots fréquents et sur les mots qu’il utilise, mais aussi et surtout, encourage-le à se questionner et à douter de l’orthographe. Tu pourras intégrer tranquillement des outils de référence simples. Ça peut tout simplement être une banque de mots personnels pour le moment. Tu peux laisser le dictionnaire Larousse à la maison. Hihi!
On entame les accords
En grammaire, on va surtout s’attarder au nom commun et au déterminant. Ton enfant devra être en mesure de savoir que le nom représente un objet, un animal, une personne, une émotion, etc., et qu’il est souvent précédé d’un déterminant. Il devra être en mesure d’identifier le genre (féminin ou masculin) et le nombre (singulier ou pluriel) du nom commun et de constater qu’il est un donneur d’accord. Il devra apprendre que le nom donne son genre et son nombre au déterminant qui, lui, est un receveur d’accord. Tu pourras ainsi travailler la règle de formation du pluriel (ajouter un «s» ou un «x») et du féminin (ajouter un «e»). Attention, le nom commun ne nécessite pas toujours l’ajout d’un «e» lorsqu’il est féminin s’il ne s’agit pas d’un nom qui peut changer de genre (ex.: fleur vs professeur / professeure). C’est une erreur que j’observe souvent chez mes élèves.
Au niveau des verbes, tu n’as pas besoin d’aller en profondeur. Il suffit de travailler l’orthographe des verbes aimer, aller, avoir, dire, être et faire à l’indicatif présent lorsqu’ils sont précédés d’un pronom personnel (je, tu, il, nous…).
Phrase / texte
En 2e année, ton enfant devrait, peu à peu, écrire de plus en plus de phrases. Il devra être conscient que la phrase sert à exprimer une idée. Tu peux l’amener à comprendre que la phrase de base est structurée ainsi : de qui ou de quoi on parle (sujet) + ce qu’on en dit (prédicat / verbe). À ce stade-ci, il n’est pas nécessaire de nommer qu’il s’agit d’un sujet et d’un prédicat. Tu peux aussi l’inciter à ajouter une majuscule au début de la phrase ainsi qu’un point (. ! ?) lorsqu’elle est complète et qu’elle contient les éléments requis.
Tu pourras également commencer à l’initier à la structure du récit (milieu, début, fin) en nommant également que les idées d’un texte sont liées à un sujet ou à un thème. En écrivant de petits textes, il doit donc s’assurer de respecter le sujet.
Lire et écrire dans différents contextes
Même si des notions spécifiques sont à travailler, il est surtout important de développer des compétences. On veut que l’enfant arrive à comprendre ce qu’il lit et à communiquer adéquatement via l’écriture (transmettre un message clair avec la bonne orthographe). La beauté du développement de compétences c’est que ça peut se faire dans plusieurs contextes. Quand c’est accessible en français, on peut lire un menu, un dépliant lors d’une visite, des instructions, des affiches et j’en passe. On peut écrire un courriel pour donner des nouvelles à grand-maman et grand-papa, envoyer une carte postale, faire un journal de voyage, écrire un message à traduire, etc. Les possibilités de lecture et d’écriture sont nombreuses et variées. Il suffit de saisir toutes occasions pour rendre le travail encore plus concret et pertinent.
En mathématique
Sens du nombre
En 2e année, ton enfant continue d’explorer les nombres, mais cette fois, jusqu’à 1000! On souhaite qu’il développe une bonne compréhension de la valeur des chiffres dans un nombre (unités, dizaines, centaines) et qu’il comprenne bien les groupements (paquets de 10). Tu peux l’amener à lire et à écrire des nombres ainsi qu’à compter et à réciter les nombres par bond et en ordre croissant ou décroissant. Tu peux l’aider à décomposer les nombres, à les situer sur une droite numérique et à les comparer en utilisant les symboles < = >. Tu peux parler de nombres pairs et impairs, d’approximation, d’estimation et d’arrondissement. Tu peux également l’initier aux fractions en parlant de la demie, du tiers et du quart. En gros, on joue avec les nombres, on utilise un vocabulaire mathématique et on amène l’enfant à avoir une représentation visuelle et mentale de ce qu’ils représentent.
Sens des opérations
Toujours en utilisant des nombres plus petits que 1000, on travaille l’ajout, le retrait, la réunion et la comparaison à travers de petits problèmes simples (additions et soustractions). Tu peux amener ton enfant à représenter les problèmes à l’aide de dessins, de matériel varié, de schémas et d’équations. Même si on souhaite généralement que l’enfant laisse des traces de ses calculs, le faire mentalement peut aussi favoriser le développement du sens du nombre et le développement de stratégies. Il est aussi important de l'amener à comprendre ce que représente l’égalité et qu’il ne s’agit pas seulement de «la réponse» (ex.: 3+2 = 6-1). Tu peux aussi travailler avec lui l’identification d’un terme manquant (ex.: 3 + ? = 10). Sois à l’affut des différentes situations de la vie en voyage qui peuvent se transformer en problème mathématique et ton enfant ne se rendra même pas compte qu’il fait des apprentissages.
Géométrie
En voyage, les formes sont partout : les tuiles d’une mosquée, les vitraux d’une cathédrale, les panneaux de signalisation… C'est parfait pour parler de figures planes (triangle, carré, rectangle, cercle et losange) ainsi que de solides (cube, cylindre, boule/sphère, prisme et pyramide). On les identifie, on les décrit, on les compare, on les représente et on les construit. Amusez-vous à chercher des formes dans l’environnement et à créer des constructions avec des objets trouvés autour de vous.
Mesures
En 2e année, on va principalement se concentrer sur les longueurs, mais le temps et la température font également partie des notions à voir. Pour ces dernières, on va surtout s’attarder au vocabulaire ainsi qu’aux symboles (jour, heure (h), minute (min), seconde (s), degré Celsius (°C)). Quant aux longueurs, tu peux amener ton enfant à comparer, estimer et mesurer en faisant référence au mètre (m), au décimètre (dm) et au centimètre (cm). Il est également important de l’amener à développer son vocabulaire en parlant de longueur, de largeur, de hauteur et de profondeur, par exemple.
Statistiques
Ton enfant peut commencer à interpréter et à créer de petits tableaux et des diagrammes à bandes et avec des pictogrammes. C’est parfait pour organiser des observations ou des données pendant le voyage. D’ailleurs, notre journal de voyage propose quelques pages de statistiques sur les transports, les émotions et la météo. C’est un bon moyen de s’initier à cette notion.
Développer son raisonnement mathématique
Comme en français, ce qu’on souhaite avant tout, c’est que ton enfant développe des compétences : comprendre ce qu’il fait, expliquer son raisonnement, et résoudre des problèmes concrets. Grâce aux mille-et-une situations rencontrées en voyage, ces compétences peuvent certainement se développer de façon naturelle et agréable. C’est ce qu'on souhaite pour profiter pleinement de cette aventure.
Un peu de planification, beaucoup de liberté
Même si l’école en voyage laisse place à la spontanéité, un minimum de planification peut vraiment t’aider à garder le cap. Prends le temps d’identifier quelques objectifs en lien avec les notions essentielles pour te permettre de mieux saisir les occasions d’apprentissage au fil du voyage. Et pour rester sur la bonne voie, tu peux aussi choisir de planifier quelques rencontres d’accompagnement à distance pendant votre voyage. C’est une belle façon de t’assurer que ton enfant progressent bien dans ses apprentissages.