• 23 mai 2025

Quoi travailler en 3e année : les essentiels à planifier lors du voyage

La 3e année représente le début d'un cycle. Plusieurs nouveaux apprentissages font leur apparition. On te propose un résumé de ce qui sera important de travailler pendant le voyage.

La 3e année, c’est le début d’un nouveau cycle. On continue évidemment d’approfondir et de consolider des bases, mais de nouveaux apprentissages font leur entrée. Tranquillement pas vite, ton enfant lit de mieux en mieux, il commence à écrire plus facilement et à raisonner de manière plus autonome.

Même si, au fil des années scolaires, les apprentissages se complexifient graduellement, en 3e année, dans un contexte d’école en voyage, on peut encore se permettre de sortir des cahiers et de faire des découvertes dans le quotidien. En misant sur les apprentissages essentiels et le développement de compétences clés, on s’assure de favoriser la poursuite de son cheminement scolaire.

Pour te guider, voici les grandes lignes à garder en tête en français et en mathématique, selon le programme de formation de l’école québécoise (PFEQ).


En français

Lecture

Décoder les mots
Si ton enfant éprouve encore de la difficulté à décoder les mots, c’est le temps de redoubler d’ardeur dans cet aspect. Les sons devraient être relativement bien maitrisés et le processus de la lecture devrait être de plus en plus automatisé. À la fin de la 3e année, les règles contextuelles devraient aussi être acquises :

  • «g» et «c» doux suivis de «e», «i» ou «y» (ex.: girafe, glace),

  • «s» qui fait le son /z/ lorsqu’il est entre 2 voyelles (ex.: cousin),

  • «e» qui fait le son /è/ lorsqu’il est suivi d’une consonne dans la même syllabe (ex.: belle / recherche).

Parenthèse de l'orthopédagogue : Si tu as l’impression que ton enfant éprouve encore de la difficulté à décoder les mots, si tu observes qu’il confond certains sons (f/v, p/b, d/t, ch/j…), qu’il inverse, ajoute, omet et/ou substitut des sons dans les mots et/ou qu’il transforme souvent des mots visuellement proches (ex.: crevette & croquette), malgré le travail effectué, il pourrait s’agir d’un trouble d’apprentissage spécifique en lecture (dyslexie). Un soutien en orthopédagogie ou en orthophonie pourrait être souhaitable et, éventuellement, des outils comme la synthèse vocale pourraient le soutenir si la qualité de sa lecture demeure problématique et l’empêche d’avoir accès au sens du texte. Faire l’école en voyage peut te permettre de porter un regard différent sur les forces et les défis de ton enfant. Sans virer fou, je crois qu’il est important de rester à l’affut des besoins de l’enfant pour s’assurer de maintenir la progression, MAIS SURTOUT, LA MOTIVATION ET L’ESTIME DE SOI.

Comprendre ce qu’on lit
En 3e année, c’est le moment où on commence réellement à lire pour comprendre, interpréter, réagir et apprécier (4 dimensions de la lecture). Pour y arriver, il doit développer une bonne fluidité et être en recherche de sens. On ne veut pas seulement lire pour lire ni lire pour répondre à des questions. On veut lire pour comprendre!

Pour développer la fluidité, c’est-à-dire lire avec vitesse, exactitude, expression et intonation, on peut utiliser des livres ou des textes dont le niveau de difficulté est assez facile. En fait, on ne veut pas avoir trop de mots nouveaux et compliqués que l’enfant pourrait avoir de la difficulté à décoder. On l’encourage alors à bien respecter les signes de ponctuation en faisant les bonnes intonations, à s’autocorriger au besoin et à lire par groupe de mots significatifs (ex.: Le petit chien / traverse la rue. VS Le petit / chien traverse / la rue.). La vitesse de lecture peut favoriser la compréhension, mais il faut faire attention à cet aspect. Ce n’est pas parce qu’on lit vite qu’on comprend. Il ne faut donc pas miser uniquement sur cet aspect pour développer la fluidité et la compréhension.

Dans tes lectures avec ton enfant, tu peux l’encourager à redire ce qu’il a compris dans ses mots, à résumer les éléments importants, à repérer des mots clés, à prédire la suite d’une histoire, à faire des liens entre les personnages, les informations et son quotidien, à interpréter des informations en donnant des raisons tout en s’appuyant sur le texte, à donner son opinion par rapport à ce qu’il a aimé et moins aimé et même à comparer ce qu’il a lu avec une autre lecture du même auteur, par exemple. Tranquillement, tu peux aussi commencer à l’amener à faire des déductions en se basant sur les informations du texte ainsi que sur ses propres connaissances (inférer). Cette compétence se développera davantage au 3e cycle, mais la 3e année est un bon moment pour commencer avec des déductions simples (ex.: J’ai passé la journée à faire des bonhommes de neige. / En quelle saison sommes-nous?).

En voyage, on peut évidemment faire de la lecture un peu partout quand on a accès à du contenu en français (menus, dépliants, affiches, etc.). Par contre, comme c’est plus difficile de trainer sa bibliothèque dans sa valise et qu’on veut parfois pouvoir cibler le niveau de difficulté du texte, l’accès à des livres numériques via la plateforme pretnumerique.ca ou la BAnQ (Bibliothèque et Archives nationales du Québec), ça peut donner un bon coup de pouce. Tu peux également trouver quelques applications et sites Web dans notre section Ressources.

Écriture

Bien écrire les mots
À la fin du 2e cycle, on souhaite que l’enfant arrive à orthographier environ 1000 mots. Pour connaitre les mots à travailler, tu peux te référer à la liste orthographique proposée par le ministère. 1000 mots, c’est pas mal de mots à travailler sur 2 ans! En 3e année, le ministère suggère d'en travailler environ 450. Mais, comme je le mentionnais dans l’article sur les essentiels de la 2e année, assure-toi de mettre l’accent sur les mots fréquents et sur les mots qu’il utilise, mais, aussi et surtout, encourage-le à se questionner et à douter de l’orthographe. Ce sera le moment idéal pour intégrer les outils de références (banque de mots personnelle, dictionnaire, etc.). Évidemment, ne traine pas ta grosse brique en voyage. Des dictionnaires en ligne comme Usito ou encore Antidote peuvent être d’excellentes ressources. Tu montreras la recherche dans un dictionnaire papier au retour à la maison.

On poursuit le travail sur les accords
En grammaire, on continue à travailler le nom commun et le déterminant, mais on ajoute également l’adjectif pour former un groupe nominal (GN / Groupe du nom). Ton enfant devra savoir qu’il s’agit de classes de mots variables, il devra être capable de les identifier dans une phrase et comprendre que le nom commun donne son genre et son nombre au déterminant ainsi qu’à l’adjectif. Il devra ainsi être en mesure de faire l’accord dans le groupe du nom (féminin/masculin, singulier/pluriel), mais également d’accorder l’adjectif lorsqu’il suit le verbe « être » (ex.: Les enfants sont gentils.)

Au niveau des verbes, tu peux commencer par amener ton enfant à faire la distinction entre un verbe conjugué et un verbe à l’infinitif pour qu’il puisse ensuite les repérer dans une phrase (il peut encadrer le verbe conjugué avec ne/n’… pas). Tu pourras également introduire la notion de radical (portion du verbe qui ne change pas) et de terminaison (portion du verbe qui change selon le temps) en travaillant les verbes aimer, aller, avoir, dire, être, faire et finir aux temps suivants :

  • infinitif présent,

  • indicatif présent,

  • indicatif imparfait,

  • indicatif futur simple,

  • futur proche,

  • conditionnel présent,

  • participe présent.

Pour le moment, on s’attarde à l’accord du verbe dans les cas où le verbe est immédiatement précédé d’un pronom de conjugaison (je, tu, il, elle, on, nous, vous, ils, elles). C’est donc aussi le moment de voir les pronoms et de comprendre qu’ils servent à remplacer un mot ou un groupe de mots.

Phrase / texte
Graduellement, ton enfant développera ses habiletés à écrire des textes plus longs et plus organisés. Ses phrases seront aussi un peu plus complexes en intégrant des compléments du nom (ex.: La valise de mon père est lourde.). Par ailleurs, plus ils vieillissent, plus les structures de phrases deviennent un enjeu important chez les élèves. Ils formulent fréquemment des phrases trop longues et complexes dont la structure est problématique. Assure-toi que ton enfant comprenne bien la phrase de base (De qui ou de quoi on parle (Sujet) + Ce qu’on en dit (Prédicat)). Les termes «sujet» et «prédicat» n’ont pas à être abordés en 3e année.

Quant au texte, tu peux commencer à l’initier au récit en cinq temps (situation initiale, élément déclencheur, péripéties, dénouement, situation finale). Par contre, ce concept devra être acquis seulement en 6e année, alors il n’y a pas d’urgence. Assure-toi surtout que ton enfant arrive à rédiger de petits textes dont les idées sont cohérentes et présentées de manière logique. Tu peux commencer à parler d’introduction, de développement et de conclusion ainsi que de titre, d’intertitre et de paragraphes. En 3e année, on commence à développer davantage les idées ainsi qu’à les organiser. Enfin, encourage ton enfant à utiliser le bon vocabulaire et à tenter de trouver des synonymes pour éviter de répéter toujours les mêmes mots.

En voyage, le journal de voyage est sans aucun doute l’outil de prédilection pour faire de l’écriture. Tu pourrais également proposer à ton enfant de faire un blogue pour parler de son voyage ou même de jouer le rôle de reporter à l’étranger. Plusieurs options sont possibles pour donner le gout d’écrire et développer les compétences qui y sont rattachées.


En mathématique

En mathématiques, les débuts de cycle sont souvent de grosses années parce qu’on introduit plusieurs nouvelles notions. Par contre, il faut se rappeler que la plupart de ces notions devront être acquises en 4e année, à la fin du 2e cycle. Il est important de garder en mémoire qu’il est toujours préférable de prendre son temps et de s’assurer d’avoir des bases solides pour construire graduellement des apprentissages qui perdureront plutôt que de tenter de tout voir trop rapidement.

Sens du nombre

Nombres naturels
En 3e année, ton enfant continue à travailler les nombres naturels inférieurs à 100 000. Comme pour les apprentissages de la 2e année, on doit amener l’enfant à dénombrer à l’aide de groupements, à mettre des nombres en ordre croissant et décroissant, à composer et décomposer des nombres, à situer des nombres dans une grille ou sur une droite numérique, par exemple, à les lire et les écrire, à compter par bonds, à estimer, à arrondir, etc. On doit mettre l’accent sur les échanges entre les groupements à l’aide de matériel (blocs en base dix et/ou tableau de numération) ainsi que sur la valeur de position des chiffres dans le nombre (ex.: dans 13 520 le chiffre 5 à la position des centaines a une valeur de 5 centaines, de 50 dizaines et de 500 unités). On peut aussi commencer à parler de nombres carrés, premiers et composés tout en rappelant aussi ce qu’est un nombre pair et un nombre impair. Tu peux d’ailleurs amener ton enfant à classifier les nombres selon leur catégorie.

Fractions
Ah les fractions! Défi récurrent chez plusieurs! À ce stade-ci, il est donc important de s’assurer que ton enfant comprend bien ce que représente une fraction. Il doit tranquillement être amené à comprendre le sens de la fraction (partage, division et rapport) ainsi qu’à comprendre qu'elle représente un tout/un entier qu’on sépare de manière égale (dénominateur) pour ensuite en prendre une partie (numérateur). Ton enfant doit pouvoir représenter de différentes façons la fraction à partir d’un tout (ex.: une pizza) ou d’une collection (ex.: 12 cartes de hockey). Rappelle-toi que la compréhension des fractions se bâtit tranquillement et qu’il continuera à travailler cette notion jusqu’au secondaire. Mise sur la base en l’amenant à comprendre ce que ça représente.

Décimaux
Tout comme pour les fractions, il est ultra-important que l’enfant arrive à comprendre le sens du nombre décimal avant d’aller trop loin. Comprendre le rôle de la virgule dans le nombre est primordial (séparer la partie entière de la partie décimale). Amène aussi ton enfant à comprendre le lien entre les fractions et la partie décimale du nombre. Parce qu’en arithmétique, « toute est dans toute ». 😅 Tranquillement, amène ton enfant à situer un nombre décimal sur une droite numérique, à composer et décomposer les nombres, à les placer en ordre croissant et décroissant, à les comparer, à faire des approximations et à trouver des expressions équivalentes (ex.: 1/10 = 1 dixième = 0,1 = 0,10). Pour le moment, on s’arrête aux centièmes. Les millièmes seront vus au 3e cycle.

Comprendre le sens du nombre, c’est une base essentielle à développer chez ton enfant. Prends le temps qu’il faut, encourage-le à jouer avec les nombres et à faire des liens entre les différentes représentations. En voyage, on peut utiliser la monnaie pour intégrer les décimaux, la nourriture qu’on partage équitablement avec chaque membre de la famille pour travailler les fractions ou même un trajet qu’on divise en différentes portions. Les possibilités sont multiples.

Sens des opérations
En 3e année, on continue évidemment à travailler l’addition et la soustraction, mais on introduit plus spécifiquement le sens de la multiplication. On parle ici de disposition rectangulaire, d’addition répétée, d’aire, etc. Tu peux amener ton enfant à représenter visuellement, à l’aide de matériel et de dessins, ce que représente la multiplication ainsi qu’à développer des processus de calcul personnels. Commence par des multiplications simples (ex.: 3 X 5) et augmente tranquillement le niveau de difficulté (ex.: 21 X 4). En 3e année, on n’a pas besoin de se rendre au multiplicateur à 2 chiffres (ex.: 38 X 12).

Au-delà de l’apprentissage de la multiplication, continue à travailler l’addition et la soustraction avec des processus conventionnels (addition et soustraction en colonnes) où il devra utiliser la retenue et faire des emprunts. Encourage-le à développer des stratégies de calcul mental. Laisser des traces, c’est important, mais plus on arrive à manipuler les nombres mentalement, plus on les comprend. Pour l’addition et la soustraction en colonnes, tu peux le faire avec des nombres naturels ayant un maximum de 4 chiffres (ex.: 3290 + 1275) ainsi qu’avec des nombres décimaux dont le résultat ne dépasse pas les centièmes (ex.: 38,21 + 20,09).

Pour travailler le sens des opérations, on peut proposer de petits problèmes simples de la vie quotidienne qui impliquent une ou 2 opérations à faire. L’important, c’est que ton enfant arrive à comprendre le problème et à identifier quelle opération faire selon la situation. Assure-toi aussi qu’il comprend le concept d’égalité. Le signe «égal» ne représente pas seulement «la réponse». Il signifie que, de chaque côté de celui-ci, on a la même valeur; comme le principe d’une balance.

Géométrie

En géométrie, on s’attaque aux prismes et aux pyramides. Ton enfant devra les décrire en parlant de faces, de sommets et d’arêtes. Il devra aussi être capable de les classifier et de les développer. Il devra aussi apprendre à décrire des quadrilatères ainsi que des polygones convexes et non convexes en parlant de côtés parallèles et perpendiculaires et d’angles droits, aigus et obtus. La bonne nouvelle avec les polyèdres et les polygones, c’est qu’on en retrouve partout dans l’environnement, que ce soit dans l’architecture ou dans la nature. Mets ton enfant au défi d’en trouver!

Mesures

Longueurs
En 3e année, on ajoute les millimètres (mm) aux mètres (m), aux décimètres (dm) et aux centimètres (cm) déjà travaillés en 2e année. On tente d’établir des relations entre les unités et à se les représenter mentalement et visuellement. On peut mesurer et estimer la longueur des objets ainsi qu’introduire la notion de périmètre. Tu peux aussi commencer à parler d’aire en utilisant le terme «carrés-unités». En fait, on fait référence aux termes «aire» et «surface» sans parler de centimètres carrés ou de mètres carrés, par exemple. On reste dans les unités non conventionnelles.

Angles, temps, température, capacité et masse
Au niveau des angles, ton enfant peut les comparer et développer le vocabulaire qui y est rattaché (aigu, obtus, droit), sans toutefois apprendre à les mesurer avec un rapporteur d’angles. Ça viendra plus tard! Pour le temps (jour, heure, minute, seconde, etc.) et la température (degrés Celsius), on apprend à estimer et à mesurer. On peut aussi établir des relations entre les unités de temps. Concernant la capacité (litre et millilitre) et la masse (kilogramme et gramme), tu peux tout simplement commencer à initier ton enfant à ces concepts.

Statistiques
En plus des tableaux, des diagrammes à bande et des diagrammes à pictogrammes travaillés en 2e année, tu pourras commencer à intégrer des diagrammes à ligne brisée. En voyage, on peut faire des statistiques avec plein de situations (les émotions, la météo, les moyens de transport utilisés, l’argent dépensé, etc.). Dans notre journal de voyage, on a d’ailleurs quelques pages proposant de faire des statistiques.

Développer son raisonnement mathématique

Finalement, en mathématique, tout comme en français, on souhaite que l’enfant développe des compétences. Il doit comprendre ce qu’il fait, expliquer son raisonnement, et résoudre des problèmes concrets. L’apprentissage de notions est important pour y parvenir, mais il faut se rappeler que le développement de compétences se fait à travers des situations complexes. Utilise les situations rencontrées pendant le voyage pour proposer à ton enfant des problèmes concrets où il pourra mobiliser ses apprentissages et mettre à profit des stratégies.


Et la planification?

En 3e année, plusieurs nouvelles notions font leur apparition et la planification peut s’avérer nécessaire si on ne veut pas en échapper. Pendant le voyage, on veut évidemment laisser place à la spontanéité, mais quand on sait où on s’en va, c’est plus facile d’être à l’affut des différentes situations du quotidien qui peuvent être propice aux apprentissages. Si tu as besoin d’un coup de pouce pour y parvenir, des outils de planification ainsi que des services d’accompagnement peuvent être d’une grande aide.

Bonne planification et bon voyage! ☺️